La Figue Wu Hua Guo par Jean Pélissier

La figue est le fruit du figuier, ficus carica, de la famille des moracées.
Son nom chinois signifie « fruit sans fleurs ». Elle est appelée aussi Mi Guo, « miel de fruit » et Nai Jiang Gui, « fruit de lait ».
Quand on coupe une figue en deux, elles sont pleines de graines qui rappellent les spermatozoïdes. Or, dans la tradition médicale, ce fruit augmente la mobilité des spermatozoïdes, favorise leur nombre et combat la stérilité masculine. D’autre part le latex blanc du pédoncule de la figue symbolise à la fois le lait féminin et le sperme masculin !
Originaire de Syrie, le figuier s’est très vite répandu en Chine et en Inde, pour ensuite se retrouver dans tout le bassin méditerranéen.

Dans la tradition chrétienne, le fruit défendu de l’arbre de la connaissance est la pomme. Dans la tradition juive, c’est la figue.
Au début du moyen-âge c’est la feuille de figuier et non celle de la vigne qui servait de cache-sexe pour les sculptures dénudées.
Wu Hua Guo fait partie intégrante de la pharmacopée chinoise. À l’instar de Platon qui disait que c’était la nourriture par excellence des athlètes, c’est un des grands alicaments capables de maintenir le logiciel Rate en bon équilibre, gage de longévité.

Que dit la médecine chinoise ?
La figue est de nature Neutre et de saveur Douce.
La nature Neutre est pour ainsi la « voie du juste milieu », ni trop Yang, ni trop Yin et la saveur Douce tonifie et harmonise.
Les organes méridiens où vont se diriger principalement ses effets sont ceux : des Poumons, du Gros Intestin, de la Rate-Pancréas et de l’Estomac.
Ces actions principales sont : de renforcer l’estomac, de rafraîchir et de purifier les intestins, de réduire les tuméfactions et d’éliminer les toxines, de favoriser la lactation et de supprimer les œdèmes.
Poumons et Gros Intestin font partie d’un même « logiciel organe ». Une sécheresse des Poumons entraîne souvent une sécheresse du Gros Intestin.

Que disent les recherches modernes ?
La figue contient de très nombreux antioxydants, surtout concentrés au niveau de la peau (les figues foncées en contiennent plus). Ce sont les figues fraîches qui en contiennent le plus. Ils ont un rôle préventif sur de très nombreux cancers, surtout du tube digestif, et préviennent les maladies cardio-vasculaires.
La figue contient aussi une grande quantité de fibres dont 30% sont des fibres solubles qui normalisent le taux de cholestérol, de glucose et d’insuline. Les 70% de fibre « insoluble » vont augmenter le péristaltisme intestinal (ensemble des contractions musculaires du tube digestif) et nettoyer les villosités intestinales.
Les figues sèches contiennent le maximum de nutriments, fibres, potassium, fer, sucre, mais aussi une grande quantité de calcium assimilable.

Mode d’utilisation
La figue peut être consommée crue, séchée, dans des plats cuisinés, en pâtisserie, en confitures, etc.
En pharmacopée, quand on la prend en décoction, il faudra en consommer 30 à 60gr par jour. Si elle est crue, 1 à 2 fruits
Il convient de choisir des figues saines, bien mûres, non traitées. Il faut alors les consommer rapidement. Un proverbe dit : « Pour qu’une figue soit bonne, elle doit avoir un habit de pauvre (peau  grisâtre et fripée), un œil d’ivrogne (mouillée avec une gouttelette perlant à l’ostiole) et un cou de dévote (retombant par rapport au pédoncule).

Contre-indications
Il faudra éviter d’en consommer en cas de côlon irritable, de diverticuloses intestinales. Les petites graines risquent alors d’augmenter l’inflammation. Il faudra éviter d’en prendre en cas de fort terrain allergique.

Conclusion
Le figuier a une très forte charge symbolique. C’est l’arbre de la connaissance, du savoir et de la fertilité. C’est aussi l’exemple type de la générosité, le symbole de la volonté de survivre.
À l’état sauvage, il s’accroche au moindre creux de rocher, la moindre fissure pour y puiser l’eau nécessaire à sa survie. Depuis la nuit des temps, c’est un arbre qui a nourri, mais aussi soigné hommes et animaux avec une « grande générosité » sans rien demander pour sa culture. Alors, n’hésitons pas à consommer son fruit le plus souvent possible, à l’apprécier, tout en remerciant « dame nature » de nous avoir fait un tel don.
Terminons sur une petite note d’humour.
Pagnol disait : « L’auteur dramatique fait des pièces comme un figuier fait des figues, c’est-à-dire sans rien y comprendre…”

Article complet de Jean Pélissier